LA MÉNOPAUSE ? PRISE EN CHARGE BIOLOGIQUE ET CONDUITE À TENIR



Si la prise en charge de ménopause est actuellement médicalisée, il faut se rappeler que la ménopause n’est pas une maladie.
On connait les conséquences de la carence œstrogénique qu’entraîne la ménopause et plus particulièrement sur le métabolisme, le système cardiovasculaires, sur le système osseux…
Des traitements hormonaux substitutifs sont de plus en plus souvent proposés afin de corriger ses troubles et de prévenir les conséquences à long terme.



SOMMAIRE

I - POURQUOI UN BILAN BIOLOGIQUE
II - BIOLOGIE MÉDICALE ET DIAGNOSTIC DE LA MÉNOPAUSE !
III - POUR QUEL BILAN BIOLOGIQUE ?
1 - BILAN LIPIDIQUE
2 - BILAN GLUCIDIQUE
3 - BILAN HÉMATOLOGIQUE
4 - BILAN THYROÏDIEN
5 - MARQUEURS BIOCHIMIQUES OSSEUX
IV - RAPPEL SUR QUELQUES SIGNES OU SYMPTÔMES DE LA MÉNOPAUSE

Pr. Salim Djelouat
Expert médicale certifié en médecine, santé et bien-être – Paris –
Auteur scientifique
salimdjelouat@mail.com




IPOURQUOI UN BILAN BIOLOGIQUE

L’intérêt du bilan biologique contribuent à cerner le profil métabolique des patientes afin d’orienter le choix de la voie d’administration des œstrogènes et surtout de dépister les contre-indications.
C’est aussi une bonne occasion pour dépister les troubles glucido-lipidiques souvent rencontrés chez la femme après    50 ans.
Pour assurer une meilleure qualité de la 2ème mi-temps de leur vie, un bilan biologique doit être recommandé au même titre qu’une mammographie ou un frottis de dépistage.

IIBIOLOGIE MÉDICALE ET DIAGNOSTIC DE LA MÉNOPAUSE !

En réalité le diagnostic de la ménopause est clinique et ne nécessite pas d’exploration hormonale. La ménopause est une aménorrhée de plus de 1 an chez une femme âgée d’environ 50 ans (voir toute la physiopathologie de la ménopause). Le bilan hormonal à se stade apportera des précisions concernant la phase de carence des taux d’estradiol et la F.S.H, qui confirmeront une ménopause. D’où le clinicien pourra alors instaurer le traitement hormonal substitutif.

IIIPOUR QUEL BILAN BIOLOGIQUE ?

Avant la mise en route d’un traitement hormonal substitutif, il sera sage de demander les bilans suivants :

1 BILAN LIPIDIQUE

À 50 ans les carences œstrogéniques induites par la ménopause vont modifier le profil lipidique de la femme, qui a été relativement épargnée par les maladies cardiovasculaire par rapport à l’homme du même âge.

On notera cependant :
     – Une élévation du cholestérol total
     – Une diminution des HDL-cholestérol
     – Une élévation des triglycérides

Taux de cholestérol –
– Taux de cholestérol idéal –
< 2 g/l

– Taux de cholestérol limite –
entre 2 et 2,50 g/l

– Taux de cholestérol élevé –
> 2,50 g/l

Taux des triglycérides –
Chez l’homme, entre :
– 0,45 et 1,75 g/l soit entre 0,5 et 2 mmol/l.

Chez la femme entre :
– 0,40 et 1,60 g/l soit entre 0,4 et 1,6 mmol/l.

 

INTERPRÉTATION DES RÉSULTATS ET CONDUITE À TENIR

     1 – L’augmentation du LDL-cholestérol n’est pas une contre-indication à la prise d’œstrogènes naturels.
La prescription des œstrogènes induit une baisse significatives du LDL-cholestérol, de l’apoprotéine B et une élévation du HDL-cholestérol.
     2 – La constatation d’une légère hypertriglycéridémie ne représente pas non plus une contre-indication au traitement hormonal substitutif.
Dans le cas ou les taux sont très élever, il serait préférable de les normaliser avant prescription d’un traitement


2BILAN GLUCIDIQUE

Le bilan glucidique ne sera demandé, qu’en cas de risque cardiovasculaire avéré et sur terrain déprimés tel que :
     – Obésité
     – Hypertension artérielle
     – Vie sédentaire

Le diagnostic d’un diabète sera demandé (le diagnostic biologique du diabète) et ce afin d’orienter le choix de la voie d’administration des œstrogènes.


3BILAN HÉMATOLOGIQUE

La ménopause non traitée entraîne une hausse :
     – Du taux du fibrinogène
     – Du facteur VII
     – De l’inhibiteur de l’activateur du plasminogène du type 1.

TRÈS IMPORTANT 

À l’heure actuelle, œstrogénothérapie substitutive est encore contre indiquée chez la femme à risque thrombo-embolique veineux.

Un bilan hématologique doit être demandé et comportera :
     – Un hémogramme
     – Dosage l’antithrombine III
     – Dosage de la protéine C
     – Dosage de la protéine S
     – Le taux de prothrombine
   – Le temps de céphaline activée (TCA) La recherche des anticorps antiphospholipides (détection des anticorps circulants)
Voir pour les valeurs normales : Les normes biologiques en hématologie


4BILAN THYROÏDIEN

L’insuffisance thyroïdienne est une pathologie fréquemment observée à la ménopause.
En effet, la diminution des hormones féminines à la ménopause, semblerait favoriser le vieillissement de la glande thyroïde.
Cet effet de la ménopause expliquerait à lui seul le taux élevé d’insuffisance thyroïdienne chez femme plus que chez l’homme et se situant vers la quarantaine, voir la cinquantaine.
La pathologie thyroïdienne à ce stade est l’hypothyroïdie qui est souvent méconnue, car elle est attribuée à tord à la ménopause.

Au moindre doute, un bilan doit s’imposer et doit comporter :
     – Le dosage de la T.S.H (thyroid stimulating hormone), qui sera demandé en première intention.
     – Le dosage de la T.S.H est nécessaire et suffisant.

Les éventuels autres examens utiles au diagnostic sont réalisés en seconde intention en fonction du résultat de la T.S.H et du contexte clinique qui seront demandés sont : 
     – Le dosage de la T.S.H, peut être complété par le dosage de la T4*

* La T4 libre est l’hormone thyroïdienne fabriquée principalement par la thyroïde.

INTERPRÉTATION DES RÉSULTATS :
      1 – Si la T.S.H est normale, le dosage de T4 libre l’est également, sauf rare exception.
      2 – En cas d’hypothyroïdie, plus la T.S.H est élevée plus la T4 est basse.
      3 – En cas d’hyperthyroïdie, la T.S.H est basse et c’est le taux de T4 qui renseigne sur l’importance de l’hyper-thyroïdie (hormis les rares hyperthyroïdies à T3).

IMPORTANT –
La découverte d’une hypothyroïdie ne modifie pas la conduite du traitement hormonal substitutif de la ménopause.


5MARQUEURS BIOCHIMIQUES OSSEUX

Le nombre des femmes ménopausées dans le monde a doublé.
Des études ont montré l’intérêt du dosage des marqueurs osseux pour l’évaluation du risque ostéoporotique.
L’ostéoporose est une affection qui se caractérise par des modifications légères de l’activité de remodelage osseux conduisant à une perte conséquente sur une longue période et la ménopause représente cette longue période.
C’est pour cette raison que le dosage des marqueurs du remodelage osseux doivent être spécifiques de l’os et sensibles à de faibles variations de l’équilibre entre résorption et formation.
Le taux des dosages des marqueurs biochimiques osseux restent cependant très sensibles à certains facteurs de confusion potentiels comme les habitudes alimentaires, le statut endocrinien…
Cependant ils restent utiles pour identifier au moment de la ménopause le risque d’ostéoporose et de dépister plus particulièrement les femmes qui peuvent présenter une perte osseuse accélérée.

Les principaux marqueurs biochimiques osseux les plus sensibles de la formation osseuse sont :
     5.1La phosphatase alcaline sérique
C’est le marqueur le plus fréquemment utilisé.
Cependant la phosphatase alcaline manque de sensibilité et de spécificité et plus particulièrement dans l’ostéoporose.
Son taux est dans la majorité des cas normal.
Elle augmente avec l’âge et plus particulièrement chez la femme après la ménopause.
On utilise actuellement le dosage immunologique de la phosphatase alcaline osseuse sérique, qui constitue un marqueur biochimique assez sensible et permet aussi de refléter les effets thérapeutiques.
     5.2L’ ostéocalcine
Synthétisée par les ostéoblastes et déposée sur la matrice osseuse avec le collagène.
Sa synthèse est sous la dépendance de la vitamine K et de la dihydroxyvitamine D3.
Cette protéine est spécifique du tissu osseux et sa véritable fonction physiologique reste encore inconnue.
Son dosage est effectué par radio-immunologie (RIA) et son taux est diminué dans l’hypothyroïdie.

IVRAPPEL SUR QUELQUES SIGNES OU SYMPTÔMES DE LA MÉNOPAUSE

Attention, les signes décrits peuvent ne pas être rencontrés chez toutes les femmes et fort possible qu’il existe d’autres signes non rapportés dans ce rappel.

Bouffées de chaleur 
– Anxiété
– Irritabilité
Sautes d’humeur
Dépression

Insomnie 
– Transpirations nocturnes

– Sécheresse vaginale qui peut entraîner un inconfort et des douleurs pendant les rapports sexuels
– Prise de poids
– Rondeurs au niveau de la taille

– Troubles urinaires 
– Les os deviennent plus fragiles
– Les articulations plus raides

Troubles de la mémoire
– Ballonnements et constipation 
– La peau devient plus sèche et sujette à des grattages de peau
– Les cheveux plus fins et clairsemés

– Baisse de la libido…
– Maux de tête 



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Pr. Salim Djelouat 
Medical Analyst and Bioclinicist
Certified Medical Specialist in Health, Fitness, and Physical Therapy – Paris –
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